Aller au contenu principal
Minage

Shares

Une share est une preuve de travail partielle envoyée par un mineur à son pool. Elle ne suffit pas à valider un bloc, mais prouve la contribution. Le pool calcule les paiements en fonction des shares. Concept central des pools depuis les origines.

Définition

Une share est une preuve de travail partielle qu'un mineur soumet à son pool comme attestation de son hashrate. Concrètement, c'est un en-tête de bloc dont le hash double-SHA256 satisfait une cible plus facile que la cible réseau Bitcoin. Le pool accumule les shares de tous ses participants et redistribue les récompenses au prorata.

Pourquoi cette construction

Le minage en solo est trop variable pour un petit acteur : à 1 PH/s sur un réseau total de ~700 EH/s, vous trouvez un bloc en moyenne tous les 12 ans. Inacceptable pour quelqu'un qui rembourse son matériel sur 18 mois. Le mining pool agrège des milliers de mineurs et lisse leurs revenus.

Mais comment le pool prouve-t-il à chaque mineur sa contribution réelle, sans pouvoir refaire le calcul lui-même ? Solution : exiger une preuve de travail à faible difficulté (~1 share toutes les quelques secondes), statistiquement représentative du hashrate réel.

Le calcul

Si la difficulté réseau Bitcoin requiert un hash inférieur à T_block, le pool fixe une "share difficulty" telle que T_share = T_block × K, avec K typiquement entre 10⁹ et 10¹². Le mineur cherche un nonce tel que :

SHA256d(header) < T_share

Probabilité qu'une share trouvée soit aussi un bloc : T_block / T_share = 1/K. À chaque share, il y a 1/K chance d'avoir un vrai bloc. Sur des milliards de shares, on en trouve en moyenne quelques unes.

Méthodes de paiement

| Méthode | Principe | |---------|----------| | PPS (Pay-Per-Share) | Le pool paie un montant fixe par share, assume la variance | | FPPS (Full Pay-Per-Share) | Idem mais inclut une portion estimée des fees | | PPLNS (Pay-Per-Last-N-Shares) | Paiement uniquement quand le pool trouve un bloc, sur les N dernières shares | | Solo | 100 % du bloc au mineur qui le trouve, 0 % aux autres |

PPS et FPPS sont les plus populaires en 2025 (Foundry, AntPool, F2Pool). PPLNS reste apprécié pour son côté "aligné" avec la chance du pool.

Protocole de communication

Le protocole standard est Stratum V1 (Marek Palatinus, 2012), au-dessus de TCP/JSON-RPC. Le pool envoie un "job" (en-tête de bloc à miner, transactions imposées), le mineur ajuste le nonce et soumet les shares valides.

Stratum V2 (Braiins, 2019+) introduit :

  • Chiffrement de bout en bout (Noise protocol).
  • "Job Negotiation" : le mineur peut choisir ses transactions (lutte contre la censure pool).
  • Compression efficace, plus tolérant à la latence.

Stale shares et rejected shares

Une share peut être rejetée si :

  • Stale : le bloc précédent a changé entre l'émission du job et la soumission.
  • Low difficulty : la share ne satisfait pas la cible attendue.
  • Duplicate : la share a déjà été soumise.
  • Invalid header : malformé, transaction de coinbase incorrecte.

Un taux de rejection > 1-2 % indique un problème de latence ou de configuration.

À retenir

Les shares sont l'unité de mesure invisible du minage industriel moderne. Sans elles, pas de pools, pas de paiements lissés, pas de viabilité économique pour les petits acteurs. Comprendre les shares, c'est comprendre comment des millions de mineurs collaborent sans se faire confiance individuellement.

Termes lies

← Retour au glossaire complet

Glossaire inspire du dictionnaire de Loic Morel sur Pandul.fr.