P2PK
P2PK (Pay-to-Public-Key) envoie directement à une clé publique sans la hacher. C'était le format originel utilisé par les premiers blocs Bitcoin. Il expose la clé publique on-chain dès la réception, ce qui est moins robuste face à un futur ordinateur quantique. Plus utilisé sauf cas particuliers.
Définition et histoire
P2PK, Pay-to-Public-Key, est le tout premier type de transaction Bitcoin. Le bloc Genesis (3 janvier 2009) et la coinbase de quasi tous les blocs minés par Satoshi entre 2009 et 2010 utilisent P2PK. Aujourd'hui, c'est essentiellement un format historique et une curiosité.
Anatomie du script
Le scriptPubKey d'un output P2PK est minimaliste :
<pubkey> OP_CHECKSIG
Pour dépenser cet output, l'input fournit simplement :
<signature>
Le script combine les deux, vérifie que la signature correspond à la clé publique fournie, et autorise la dépense. Pas de hash, pas de wrapping : c'est aussi simple que possible.
Comparaison avec P2PKH
| Aspect | P2PK | P2PKH |
|--------|------|----------------------------|
| Format adresse | Clé brute (65 ou 33 octets) | Hash en Base58 (préfixe 1) |
| Taille output | ~67 octets | ~25 octets |
| Confidentialité de la clé | Révélée à la réception | Révélée à la dépense |
| Résistance quantique | Faible | Meilleure tant que l'output n'est pas dépensé |
L'introduction de P2PKH en 2010 a remplacé P2PK car elle offrait des adresses plus courtes et exposait moins la clé publique.
Pourquoi on l'évite aujourd'hui
1. Adresses peu pratiques
Une clé publique brute fait 65 octets (uncompressed) ou 33 octets (compressed). En affichage hexadécimal, c'est largement plus long qu'une adresse Base58 ou Bech32 classique.
2. Risque quantique
Si un attaquant disposait d'un ordinateur quantique suffisamment puissant (algorithme de Shor), il pourrait déduire une clé privée à partir d'une clé publique connue. Les outputs P2PK exposent la clé dès la réception, donc tous les UTXOs P2PK encore non dépensés seraient vulnérables. C'est notamment le cas des ~1,1 million de BTC de Satoshi, supposés en P2PK.
3. Pas de support visuel dans les wallets
La plupart des wallets modernes ne génèrent plus d'adresses P2PK : seul bitcoind peut en créer, sur demande.
Encore utilisé ?
- Coinbase de quelques solo miners historiques.
- Sidechains expérimentales pour leurs blocs de genèse.
- Outputs de Satoshi : les ~22 000 blocs miniers de l'ère Patoshi restent en P2PK.
Sur la blockchain actuelle, moins de 2 % des UTXOs sont en P2PK, presque tous datant de 2009-2010.
À retenir
P2PK est l'ancêtre des formats Bitcoin, simple et historique. Il rappelle que les améliorations cryptographiques (hash, Taproot) ne sont pas du polish cosmétique mais des renforcements structurels de sécurité, notamment face aux menaces futures.
Termes lies
- P2PKHP2PKH (Pay-to-Public-Key-Hash) est le format historique d'adresse Bitcoin (préfixe 1...). Le script verrouille les fonds sur le HASH160 de la clé publique. Il dévoile la clé publique uniquement à la dépense. Toujours valide mais peu utilisé sur les nouveaux wallets.
- Clé publiqueLa clé publique est dérivée de la clé privée par multiplication scalaire sur la courbe secp256k1. Elle peut être partagée sans risque pour recevoir des fonds. À partir d'elle, on calcule l'adresse Bitcoin. Elle ne révèle jamais la clé privée correspondante.
- QubitUn qubit est l'unité d'information quantique, capable de superposer 0 et 1. Plusieurs qubits couplés permettent des calculs exponentiellement plus rapides pour certains problèmes. L'algorithme de Shor menace la cryptographie elliptique de Bitcoin une fois les qubits stables et nombreux. La communauté étudie déjà des schémas post-quantiques.
Glossaire inspire du dictionnaire de Loic Morel sur Pandul.fr.